Un accord trouvé à Charm el Cheikh pour réparer les torts des pays pollueurs !

Les négociateurs de 200 pays à la COP 27 se sont finalement quittés sur un accord. « Un accord a été trouvé », se félicite une source européenne, rapportée par l’AFP. La même source explique que cet accord concerne notamment « la création d’un fonds spécifique », dédié aux « pertes et dommages » qui « dirige les moyens financiers vers les pays les plus vulnérables ». L’accord « réaffirme les objectifs de l’accord de Paris de 2015 qui vise à limiter le réchauffement de la planète, nettement en-dessous de 2°C par rapport à l’ère préindustrielle, si possible à 1,5°C », rapporte TV5. La même source ajoute que le texte souligne que les impacts du dérèglement climatique seraient bien moins importants à 1,5°C et affiche l’importance de poursuivre les « efforts » pour respecter cette limite.

Par rapport à l’énergie fossile, un des acquis de la COP 26 de Glasgow en Ecosse et dont l’objectif « d’une sortie progressive des centrales à charbon est réaffirmé, il a été annoncé la fin des subventions inefficaces aux carburants fossiles ». Mais avec désormais un appel à accélérer le développement des énergies renouvelables au cours de cette décennie.

Il faut dire que l’un des points les plus difficiles lors des négociations de la COP 27 serait « le sort des énergies fossiles ou la compensation des dégâts déjà occasionnés par le changement climatique, les pertes et dommages ». Ce sujet, explique le site de TV5 « est plus que jamais au centre des débats après les inondations historiques qui ont frappé le Pakistan et le Nigeria, et pour lesquels les pays en développement réclament un fonds dédié ». Des « timides avancées ont cependant eu lieu sur ce point », ajoute la même source, soulignant que « les facilitateurs de ce dossier au centre des frictions Nord-Sud ont publié une proposition de résolution sur la question, laquelle inclue trois options, dont une actant le principe de création d’un fonds dont le fonctionnement exact sera ensuite déterminé ». A cet effet, l’accord propose « d’établir de nouveaux accords de financement pour aider les pays en développement à mobiliser des ressources nouvelles et supplémentaires ». Selon la même source, le document propose de « créer un fonds de réponse aux pertes et dommages » dont le fonctionnement et les financements devront être élaborés par un « comité de transition », d’ici la COP 28, prévue aux Emirats arabes unis.

En outre, l’ambiguïté sur les bénéficiaires de ce fonds qui était resté le point de blocage majeur des derniers jours des négociations de la COP 27, « est levée », a indiqué la source européenne, rapportée par TV5 qui y voit dans l’accord, « un risque d’emballement incontrôlable ». Et pour cause ! Les pays riches sont depuis des années, très réticents à l’idée d’un financement spécifique.

Selon TV5, l’Union européenne a néanmoins fait une ouverture, le jeudi 17 novembre dernier, en acceptant le principe d’un fonds de réponse aux pertes et dommages réservés « aux plus vulnérables » sur une « base de contributeurs élargie ». Ainsi, la question du nouveau mécanisme de financement pour les « pertes et dommages » causés par les changements climatiques, l’objectif du maintien du réchauffement climatique à 1,5° prévu par l’accord de Paris et la question de la sortie des énergies fossiles étaient les points des négociations, mais sur lesquels les négociateurs semblent trouver un terrain d’entente. Notons qu’à l’instar des autres COP, à Charm el-Cheik, les positions des pays sont aussi restées polarisées. Pour les pays du Sud, l’enjeu reste le mécanisme de financement de la lutte contre les effets néfastes du changement climatique. L’Union européenne estime pour sa part avoir déjà fait le maximum, alors que les Etats-Unis n’arrivent pas, pour l’instant, à se positionner.

ADO DAN MALAN

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Author: Mourya Niger