Tsitsekedi peut-il résoudre l’équation M 23 ?

Depuis la fin du mois de mars dernier, l’Est de la République démocratique du Congo est en proie à un conflit armé d’une rare intensité et de violence entre les Forces armées de la République démocratique du Congo ( FARDC)  et les rebelles du M23 que le Congo affirme être soutenu par un voisin jugé peu commode à savoir le Rwanda. Derrière cette guerre fratricide qui rappelle celle ayant opposé les troupes éthiopiennes à celles de la province du Tigré, se cache en réalité un conflit à fort relents ethniques qui ne date par d’aujourd’hui.

Cette rébellion n’est donc pas nouvelle car le M23 avait été chassé de RDC en 2013. Le groupe a été théoriquement dissout suite à l’accord de paix signé à Nairobi en décembre 2013.Après presqu’une dizaine d’années de silence, le groupe rebelle qui se préparaient visiblement à reprendre les hostilités, a fini par attaquer les positions de l’armée congolaise à Runyoni et Tchanzu du 28 au 31 mars dernier. Ces deux attaques ont sonné le début du déplacement massif des populations vers les pays voisins dont l’Ouganda.

Qui sont les M23 ? Ce mouvement armé est composé de la minorité ethnique tutsi dont les éléments affirment être marginalisés au sein des Forces armées de la république démocratique du Congo. Ils affirment avoir pris les armes pour reprendre des terres qu’ils affirment leur appartenir. Outre cette exigence extrême, les rebelles du M23 exigent du gouvernement congolais une meilleure représentativité dans l’administration du Nord Kivu.

L’accord de 2013 signé entre les rebelles et le gouvernement avait prévu la dissolution du mouvement en contrepartie d’un certain nombre de mesures que devaient prendre le gouvernement congolais à savoir entre autres la démobilisation, le désarmement et la réinsertion ( DDR)des membres militaires du M23. Mais cette situation n’a pas évolué car le processus de réintégration des ex-combattants n’a pas réellement bougé, malgré l’apparent engagement des autorités congolaises sur le sujet.

Mais au dela de la non application des accords de 2013, c’est surtout le présumé soutien du Rwanda au M23 qui cristallise l’attention. Malgré les dénégations de Paul Kagame, il semble que le régime tutsi de l’après génocide de 1994 entretien des relations sécrètes avec le M23, ce que les autorités congolaises ne sont pas prêtes de cautionner. La tension est du reste montée d’un cran entre les deux pays ce qui fait craindre une guerre entre le Rwanda et la RDC.

Selon toute vraisemblance, c’est cette présumée proximité entre le M23 et Kigali, qui explique le non-empressement des autorités congolaises d’intégrer les combattants conformément aux accords de 2013. La RDC craint plus que tout, que par le biais de processus d’intégration des combattants du M23, le Rwanda ne réussisse à infiltrer l’armée congolaise. Ce qui constitue en soi une grande source de déstabilisation. Autant dire que le conflit est loin de pouvoir se régler.

GARE AMADOU

RAMATOU OUMAR LABARAN

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Author: Mourya Niger