Le samedi 28 Juin 2025 marque une étape décisive de la mise sur pied et l’installation du conseil consultatif de la Refondation (CCR), ainsi que les autres organes de la Refondation au Niger, depuis les dernières Assises nationales d’où sont issues des pertinentes recommandations en vue d’une transformation radicale de la nation nigérienne grâce à la ferme volonté des dirigeants du CNSP. Les projecteurs étaient donc braqués sur cette institution qui fera désormais office d’Assemblée Nationale avec pour mission d’aider à l’orientation de la vie de de la nation par des avis sur toutes les questions essentielles dont notamment la suite à donner au mode de gestion politique.
C’est en substance ce qui ressort des propos du général Mohamed Toumba ministre de l’intérieur de la sécurité publique et de l’administration du territoire, en des termes plus clairs par rapport à la mission du Conseil consultatif de la Refondation qui est « d’une part, de donner son avis au Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) et au gouvernement sur toute question intéressant la vie de la nation dont il est saisi, et d’autre part, de faire de sa propre initiative toutes propositions ou recommandations au CNSP et au gouvernement sur toutes questions d’intérêt général ».
Pour rappel, l’histoire politique du Niger nous a familiarisé avec ce type d’institution qui émerge juste après les coups d’État afin d’assurer les citoyens sur la mise en place de réformes visant à améliorer la gestion de la Cité. Mais contrairement aux institutions voisines, le conseil consultatif de la Refondation paraît avoir un agenda plus sérieux qui repose sur une révision en profondeur des pratiques de gestion de la chose publique.
C’est un levier important sur lequel tous les espoirs de la nation reposent désormais, d’autant plus que le régime du CNSP a toujours justifié son avènement sur la scène politique par les multiples défaillances de la gouvernance de ses prédécesseurs essentiellement constitués de civils. C’est ce qui explique la composition du CCR marquée par l’ostracisme à l’égard de l’ancienne classe politique remplacée en grande partie par les chefs traditionnels et certains membres de la société civile dont le « patriotisme » semblent avoir été récompensé.
Mais la classe politique passée, présentée aujourd’hui comme la boîte de Pandore de tous les malheurs des nigériens n’a pas dit son dernier mot et croit à son implantation certaine dans l’inconscient collectif des populations, en attendant le bon moment pour agir. Cette idée beaucoup entretenue dans les salons feutrés, l’installation du CCR qui fait office de l’Assemblée nationale coupe ainsi cours aux supputations.
Ainsi, l’aparté du président Abdourahmane Tiani avec les anciens dirigeants du pays fut en effet perçu par bon nombre de citoyens comme une ouverture du dialogue inter-nigérien par le CNSP face aux nombreux défis qui assaillent la nation dont notamment l’adversité multiforme, la tension de trésorerie et l’insécurité dont il faut reconnaître le caractère versatile. C’est pourquoi, on croit à raison que le conseil consultatif de la Refondation va dans sa démarche initier un processus de gouvernance devant favoriser des institutions de la Refondation et le président l’a confirmé dans son message à la nation de l’an au pouvoir du CNSP.
Ainsi, l’avenir de l’AES se dessine aussi au sein du CCR, d’autant plus que ses décisions vont rejaillir sur la cohésion interne de la confédération qui repose sur des critères de convergence politique dont le nœud gordien se trouve dans la stabilité de chaque nation membre d’abord.
Aussi, toute incohérence interne aura pour conséquence de fragiliser l’ensemble de la confédération en accélérant sa déconfiture tant souhaitée par les ennemis internes et externes toujours aux aguets. La loi de la diversité joue certes mais la spécificité, la singularité est une force incontournable et incommensurable pour chacun des trois pays membres aussi à sauvegarder.
D’autant plus qu’au Burkina Faso et au Mali, toutes les institutions de la Républiques sont installées et exercent chacune à plein régime son pouvoir et sa mission à lui confiée. Dans son discours bien réaliste, le président Abdourahmane Tiani a expliqué la nécessité de leur installation iminente.
ABOUBACAR SOUMAILA







