Un journaliste et une télévision privée suspendus au Niger, une sanction certainement très contre-productive !
Ainsi, c’est par la toute puissante volonté du tout aussi puissant ministre Nigérien de la communication Raliou Sidi Mohamed qui n’aura pas aimé « le classement 2024 des membres du gouvernement », selon le critère de performance du média privé « Canal 3 Niger » que la carre de presse du journaliste Seyni Amadou a été abusivement et illégalement suspendu pour trois (3) mois et la télévision privée Canal 3 également suspendue pour un (1) mois, alors même que c’est le régulateur CSC ou ONC qui est la seule institution habilitée à prendre une telle décision aussi lourde que grave, mais seulement en cas de manquement aux règles d’éthique et de la déontologie de la presse, se matérialisant par un refus d’exécuter une sanction ou en cas de récidive. Pire encore, le journaliste Seyni Amadou est aussi interpellé, puis placé en garde à vue, à la police judiciaire de Niamey, à cause de la faille qu’offre la principale loi sur la liberté de presse au Niger, en l’occurrence l’ordonnance N°2010-35 du 4 Juin 2010 et c’est au mépris de la dynamique de compréhension mutuelle et de collaboration avec l’État avec la presse privée pour une meilleure contribution à la paix, à la cohésion sociale nationale, au patriotisme et à la souveraineté nationale.
Le monde de la presse privée nigérienne espère que cette garde à vue ne sera pas renouvelée au bout de 48 heures culminant, afin de vite désamorcer voire dissoudre la forte émotion rapidement montée d’un cran, pendant que le Niger a besoin d’un large consensus national sur tous les domaines vitaux pour faire face efficacement aux crises socioéconomiques et sécuritaires. Cette décision est aussi contraire à dynamique déjà engagée par le gouvernement à l’égard de la presse privée nigérienne qui bénéficie déjà d’une ferme et collégiale décision de « soustraction du journalisme de toute mesure d’imposition du budget national 2025 », récemment adopté en conseil des ministres.
Une décision freinant l’élan souverainiste de certains acteurs au Niger !
Cettedécision sanctionnant un journaliste est très mal perçue par les observateurs de la scène politique, qui y voient un actedenature à freinerl’élan souverainiste des acteurs des médias Nigériens et un risque de dérives autoritaristes inutiles pour le Niger, en cet instant précis de la cohésion sociale et de la mobilisation populaire autour du CNSP. La presse nigérienne dans son ensemble a su faire la part des choses, malgré son besoin de liberté dans un contexte sécuritaire particulièrement difficile pour le pays.
Contrairement à la dynamique en cours au sein de la presse privée nigérienne visant à soutenir la communication gouvernementale, en vue surtout de contribuer à la lutte efficace contre la désinformation et les diverses manipulations, cette décision vient jeter un doute voire même un sentiment de froid dans la ferveur déjà amorcée par les journalistes, les médias et leurs corporations. Tous souhaitent aujourd’hui un dialogue direct et franc avec le président de la République, Chef de l’Etat, le Général Abdourahmane Tian pour éviter une crise sectorielle, notamment niveau de la presse privée.
Presse privée et coups d’Etat au Niger !
Malgré la différence apparente ou l’opposition apparente entre la presse privée et le mode de gouvernance militaire, tenant à la nature des besoins de fonctionnement de chaque acteur, la presse privée nigérienne a toujours obtenu de nombreux avantages beaucoup plus dans les régimes militaires qu’avec l’avènement des civils au pouvoir. D’autant plus, qu’entre presse et militaires, aucune difficulté n’a aussi opposé durablement les deux acteurs dont les services hautement appréciés par les populations à travers tout le pays.
La presse privée nigérienne soutient le Général Abdourahmane Tiani !
Il n’y a aucun doute que la presse nigérienne soutient le Général Abdourahmane Tiani et son ambition souverainiste pour son pays. C’est la raison principale d’ailleurs pour laquelle les acteurs des médias privés sont surpris par une telle décision aussi lourde que gâcheuse de la dynamique de compréhension mutuelle et de collaboration sereine en cours.
D’aucuns estiment d’ailleurs que c’est une belle opportunité qui s’offre au Général Abdourahmane Tiani pour réhabiliter la presse privée nigérienne pour son engagement, ses diverses contributions et ses soutiens fermes au CNSP depuis le 26 Juillet 2023. Car aucune stratégie de communication gouvernementale ne peut s’accommoder avec des conflits ouverts à la fois avec les forces extérieures et celles (forces) internes.
MOUSSA NAGANOU
