Mali : L’interventionnisme français, une responsabilité partagée !

Les interventions militaires françaises au Mali ont fait l’objet de bilan mitigé, voire négatif par certains observateurs africains qui estiment que ces opérations se sont soldées par des échecs.

Les allégations fusent de partout et sont notamment hébergées dans les réseaux sociaux martelant l’échec cuisant de la présence de l’armée française au Mali en vue d’éradiquer le djihadisme.

Elles vont jusqu’à rendre les militaires complices des terroristes, qui recevraient un soutien logistique de ces bases militaires.

C’est pour rétablir les faits que dans une interview accordée à RFI que l’ancien président français, François Hollande, instigateur de l’opération Serval en 2013 a livré ses impressions et apporté des éclaircissements sur les tenants et aboutissants des opérations militaires françaises au Mali.

Le 17 janvier 2012, le  Mouvement national de libération de l’Azawad le (MNLA)  rébellion d’obédience touarègue de concert avec des  combattants rentrés de la Libye voisine lancent une offensive dans le Nord du Mali. Le pays vit ainsi une crise sécuritaire sans précédent.

La donne change lorsqu’en mars 2012, le MNLA est évincé par ses  alliés islamistes associés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Trois régions tombent dans l’escarcelle des islamistes : Kidal, Gao puis Tombouctou.

Le pouvoir malien est désemparé face à la percée foudroyante des djihadistes, qui provoque la déroute de l’armée nationale, en pleine déliquescence.

 Le Mali  demande l’aide de la France. François Hollande réagit immédiatement en lançant l’opération Serval, le 11 janvier 2013. La France intervient donc à la demande du Mali, en proie au terrorisme et incapable de se défendre.

François Hollande apporte dans son interview des prévisions « à l’époque, la France est intervenue à la demande des Maliens et par devoir de solidarité. Récemment, j’ai vu avec peine la détérioration de ce lien d’amitié entre le Mali et la France. Cela s’est dégradé, car les jihadistes ont continué à frapper et que les Maliens se sont dit : Cela ne finira jamais, malgré les interventions étrangères ». L’intervention de la France a permis d’endiguer la progression djihadiste aux portes de BAMAKO.

François Hollande est accueilli aussi comme un héros. Il n’exprime aujourd’hui aucun regret par rapport à cette intervention et tient à préciser que la présence de Wagner n’a pas éradiqué le terrorisme au Mali, non plus.

On avait assisté à cette époque à l’impuissance des pays africains incapables de s’organiser pour stopper la progression djihadiste au Mali, malgré la prétendue souveraineté clamée haut et fort par plusieurs activistes et nationalistes.

En 2014, l’opération militaire prend une autre dimension, suite à une cuisante défaite de l’armée malienne à Kidal. Le 1er Août, l’opération Serval est remplacée par Barkhane et celle-ci aussi débarquera définitivement du Mali en Novembre 2022 par les soins du président Emmanuel Macron. 

ABOUBACAR SOUMAÏLA

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Author: Mourya Niger