(Mourya, La VOIX DU NIGER) – La chance de jouir de ses libertés de mouvements et d’opinions de l’ancien Premier ministre malien de la Transition, Choguel Maïga a vraiment été longue, au regard de l’atmosphère déjà délétère sous laquelle celui-ci avait été limogé de son poste, le 20 Novembre 2024. D’autant plus que l’ex Premier ministre qui n’a jamais sa langue dans la poche n’a cessé de se répandre dans les réseaux sociaux, le seul espace public non fermé aux partis politiques maliens qui dénoncent régulièrement la restriction de l’espace public et ont fini par être dissouts en Juin dernier.
De ce point de vue, la chance de rester libre de l’ex Premier ministre était très mince. Mais rien de tout cet activisme politique dans les réseaux sociaux de celui-ci ne lui a guère été reproché.
Malgré les feux de ses critiques à l’égard des dirigeants militaires, Choguel Kokalla Maïga avait bénéficié d’une indifférence totale du pouvoir en place, qui est entendue soit comme une grâce ou une tolérance politique. Mais près de 9 mois après son limogeage, Choguel Maïga semble tombé dans la nasse des dirigeants militaires comme un gros poisson dans les nasses des pêcheurs dans les eaux troubles du Djoliba, le grand fleuve non tranquille qui prend sa source depuis la Guinée Conakry, passe par le Niger et se jette dans l’océan Atlantique au Nigeria.
Le pôle judiciaire économique et financier entre en jeu !
C’est au contraire le pôle judiciaire spécialisé dans les crimes économiques et financières qui s’est intéressé à la gestion de l’ex Premier ministre malien Choguel Maïga dont plusieurs cadres ayant travaillé avec lui ont été entendus à la brigade de cette juridiction, avant que lui-même ne soit sous ses interrogatoires, début dernier. C’est dans la suite normale de ses interrogatoires à la brigade du pôle judiciaire spécialisé dans les crimes économiques et financières que l’ex Premier ministre malien Choguel Maïga a vu son placement en garde à vue lui être notifiée, à sa grande surprise.
La garde à vue de hautes personnalités dans un contexte politique délétère à Bamako !
La garde à prise contre l’ancien Premier ministre malien Choguel Maïga intervient une semaine après le placement sous mandat de dépôt d’un autre Premier ministre Moussa Mara. Pire, le placement en garde à vue de Choguel Maïga intervient au lendemain de l’arrestation de plusieurs hommes de tenue dont deux généraux.
Une situation qui crédite la thèse d’une affaire de tentative de coup d’État militaire, même si les autorités militaires gardent toujours le silence sur le sujet pourtant sur toutes les lèvres à Bamako et alimentent l’opinion publique. (Lire également ci-joint le communiqué du conseil de défense de l’ancien Premier ministre malien Choguel Kokalla Maïga).
COMMUNIQUÉ SUR LE PLACEMENT EN GARDE À VUE DE L’ANCIEN PREMIER MINISTRE CHOGUEL KOKALLA MAIGA
Après avoir été auditionné, la première fois, vendredi 1er août 2025, par la brigade du Pôle national économique et financier, l’ancien Premier ministre Choguel Kokalla Maiga a été convoqué ce mardi 12 août 2025 devant la même brigade, en vue, selon les enquêteurs, de confrontations avec certains de ses anciens collaborateurs.
Arrivé au Pôle à 9 heures, il a attendu jusqu’à 14 heures sans que les confrontations annoncées n’aient lieu. En fin de compte, les agents de la brigade lui ont notifié formellement son placement en garde à vue, en attendant la transmission du dossier aux autorités compétentes.
La mesure de garde à vue frappe aussi plusieurs de ses anciens collaborateurs, notamment son ancien Directeur de cabinet, le Professeur Issiaka Ahmadou Singaré, et trois anciens Directeurs administratifs et financiers de la Primature.
Ce placement en garde à vue survient dans le cadre d’une enquête sur des allégations d’atteinte aux biens publics émises par un rapport du Vérificateur général. Choguel Kokalla Maïga bénéficie de tous les égards du personnel de la brigade et il est présumé innocent jusqu’à une éventuelle condamnation par les juridictions compétentes.
Nous vous tiendrons informés de la suite de la procédure. Bamako, le 12 août 2025Le conseil, Maître Cheick Oumar Konaré , Avocat au barreau du Mali
