Est-ce la saison des soucis pour les anciens Premiers ministres maliens ? La question est juste d’actualité, d’autant plus que l’ancien Premier ministre Moussa Mara est mis sous mandat dépôt après avoir été entendu pendant plusieurs heures le Vendredi matin 1er Août 2025 à Bamako par le pôle judiciaire contre la cybercriminalité pour un tweet publié en début juillet sur son compte X, anciennement Twitter, appelant à la mobilisation pour soutenir des prisonniers politiques, suite à une visite effectuée quelques temps auparavant à la maison d’arrêt de Bamako. Ainsi, l’ancien Premier ministre Moussa Mara dort déjà en prison pour entre autres « atteinte au crédit de l’État, opposition à l’autorité légitime, incitation au désordre public ou encore atteinte à la sûreté de l’Etat » par voie numérique.
Son avocat qui conteste les accusations crie à la violation de la liberté d’expression de son client et entend s’opposer énergiquement pour garantir ce droit fondamental de l’homme visé au Mali via son client. Il faut reconnaître que l’activisme cybernétique est devenu le principal cadre de manifestation existentielle pour les leaders politiques maliens depuis la dissolution des partis politiques au Mali, qui semble avoir été inspiré par le Niger dans ce choix opéré suite à la tenue des Assises Nationales au pays du Général d’Armée Abdourahmane Tiani depuis le 2 Février 2025 à Niamey.
Ainsi, les gros soucis des acteurs politiques justifiés par les autorités judiciaires semblent en partie tiré leurs origines aussi dans la dissolution précipitée de leur cadre politique ayant laissé un vide politique et juridique alors même que les dirigeants politiques doivent exister et le démontrer comme tel. Il faudrait vite légiférer pour donner un espace public existentiel légal aux à toutes les forces politiques, en particulier les partis politiques pour éviter d’exacerber le climat sociopolitique national déjà fragile et explosif depuis près de cinq (5) ans soit en 2020.
En attendant ainsi le 29 Septembre, date prévue pour le jugement à Bamako de l’ex Premier ministre Moussa Mara, celui-ci dort déjà en prison à côté de ceux pour qui il avait exprimé sa solidarité de corps. S’il garde prison jusqu’au 29 Septembre, l’ancien Premier ministre aura séjourné près d’un mois de privation de liberté d’un leader qui aurait pu contribuer à la paix, à la sécurité et au développement de son pays, dans un contexte géopolitique très manipulé au Sahel.
D’autres personnalités politiques inquiétées au Mali ?
Aussi de son côté, Choguel Kokala Maïga, cet autre ancien Premier ministre malien sous le régime militaire encore au pouvoir a été entendu le même Vendredi 1er Août 2025 par le pôle judiciaire contre le crime économique et financier. Plusieurs autres hauts fonctionnaires servis sous la gestion du Premier ministre Choguel Maïga avaient été entendus.
Ce qui suscite des inquiétudes quant au climat de l’atmosphère politique au pays du Général d’Armée Assimi Goïta, alors même que le pays vit dans une longue transition politique dans un contexte également d’insécurité sévissant dans toute la région, au-delà de l’espace confédéral du Sahel. Si le Premier ministre Choguel Maïga est aussi bien actif sur le cyberespace, la nature des autorités judiciaires qui examinent son cas, notamment le pôle économique et financier, laisse croire qu’il s’agirait des enquêtes liées à sa gestion, en tant que Premier ministre de la Transition de 2022 à 2024. [À suivre].
MOUSSA NAGANOU







