Les burkinabè en appellent au retour des idéaux du Sankarisme !

Décidément, c’est un appel au Sankarisme de vive voix en cours actuellement au pays dit des « hommes intègres », 35 ans après la disparition du père de la révolution du même nom. Après le président de la Transition, le jeune capitaine Ibrahim Traoré, c’est le tour du Premier ministre Burkinabè, Apollinaire Kyelem de Tambela de livrer à la nation sa déclaration de politique générale (DPG), ce samedi 19 novembre 2022 devant l’Assemblée législative de Transition. La feuille de route présentée par le Premier ministre qui a ratissé large ramène au cœur de la gouvernance les idéaux du Sankarisme. De prime abord, le Premier ministre a rappelé aux députés qu’ils sont en mission, une mission en vue de réaliser la « rectification de la Transition ». Cette « rectification » vise également à termes à « rendre le Burkina Faso aux Burkinabè ».

Ce qui confirme que l’ensemble du pays échappe au contrôle de l’État Burkinabè faisant des populations concernées des laissés pour compte. La défense de l’intégrité du territoire est donc placée désormais au fronton de la stratégie du gouvernement. Restaurer l’intégrité du territoire et sécuriser les personnes et leurs biens seront les premières victoires qui feront de ce gouvernement une source d’espoir et même de fierté reconquise.

L’autre pilier de la gouvernance repose sur l’éducation. Le Premier ministre a fait le constat que le Burkina Faso est en perte de repère par rapport à l’éducation nationale. Selon lui, « l’enseignement devra faire place à l’éducation. Le système actuel est un système désincarné, un système d’enseignement sans éducation. L’enseignant se contente de transmettre froidement des connaissances à l’élève sans se soucier ni du contenu de l’enseignement, ni de la personnalité de l’élève, ni de ce qu’il pourrait en faire».

Tout part de l’éducation qui doit inculquer les valeurs perdues du sankarisme aux citoyens burkinabè. L’éducation est en effet, le socle sur lequel doit reposer toute révolution de mentalité. En effet, l’ancien paradigme qui prévalait au temps de la révolution sankariste a fini par disparaître faisant le lit à certains comportements condamnables tels que la corruption et l’égoïsme. Un changement en profondeur est donc nécessaire et il va s’attaquer à l’armée nationale qui selon le capitaine Ibrahim Traoré a été « dénaturée » par une politisation à outrance.

Il est un truisme que de dire que la lutte contre le terrorisme ne peut se faire qu’avec une armée républicaine imprégnée des idéaux chers à la Partie. La Politique Générale présentée par le Premier ministre Burkinabé Apollinaire Kyelem de Tambela rime avec une rupture de paradigme. Mais comme en tout projet, la carte n’est pas forcément le territoire. Aussi, c’est au peuple du pays « des hommes intègres » qui devront comme un seul homme faire front contre tous les maux qui aujourd’hui gangrènent la République. Certes, l’équipe gouvernementale fait cette fois ci preuve d’humilité lorsque le Premier ministre affirme clairement qu’elle n’a pas la prétention de parachever cette ambition projet. D’autres gouvernements viendront aussi apporter leur contribution à la refondation de la nation burkinabè. « Les chantiers sont immenses et urgents. Ce que le temps de la Transition ne nous aura pas permis de réaliser, nous osons croire que l’équipe qui viendra après s’inscrira dans la même dynamique pour parachever la construction du Burkina Faso nouveau ».

ABOUBACAR SOUMAÏLA

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Author: Mourya Niger