Géopolitique : L’Afrique encore au rythme des guerres par procuration !

L’Afrique a toujours vécu au rythme ou à la mode observée chez les autres comme un bambin après les indépendances des années 1960 et restée pendant longtemps incapable d’imaginer et réaliser son propre rêve en empruntant son chemin. En cause, l’Afrique est victime de ses propres richesses brutes, son propre or de toutes les couleurs; qu’il soit noir (pétrole, jaune (or), bleu (eau) et autres minerais.

Selon le très sérieux spécialiste africain du Nigéria des relations internationales, Dr Mohamed Umaté, l’Afrique est un continent qui vit des guerres de procuration des grandes puissances économiques et militaires dans leurs luttes indirectes pour le contrôle des terres rares et des positions stratégiques dans le monde, en vue de maintenir leurs rangs. Il trouve une justification de cette guerre de procuration des puissances même dans la différence de nature des conflits et le lieu où ils se déroulent, en ces termes « …certes, ces guerres sont de différentes natures, guerre civile au Soudan et guerre interétatique en Ukraine, mais les réalités sont les mêmes », écrit-il.

Dr Mohamed Umaté attribue un « pêché originel » commun à tous les pays africains. Ce pêché est soit lié à l’abondance des matières rares recherchées par les puissances économiques et militaires, soit lié à une position stratégique très utile pour le contrôle d’une géo-économie régionale.

Dr Umaté en décrivant avec force de démonstration, il justifie aisément les postions stratégiques par exemple du Soudan actuellement en « guerre civile avec lui-même » et l’Ukraine aussi en « guerre interétatique » avec la Russie, il conclut que les deux guerres ont lieu simultanément et ce par « procuration » entre des puissances économiques et militaires visibles.

« Le Soudan est sur la mer rouge et donne accès au gold d’Aden et par extension au canal de Suez, une voie maritime incontournable pour la navigation entre le Moyen Orient et l’Europe. L’Ukraine est sur la mer noire et possède l’ile de Crémée qui peut servir de ‘’launch pad’’ contre la Russie et toute l’Europe de l’Est », démontre-t-il simplement.

« Si l’Ukraine a des réserves importantes de l’or noir (pétrole) non exploitées, le Soudan est le deuxième exportateur d’or du continent africain. L’Ukraine exploite bien ses terres arables et par conséquent domine le marché mondial de grains alors que la portion du bassin du Nil (surtout le lieu de rencontre entre le Nil Blanc et Nil Bleu) est moins exploitée », développe Dr Umaté.

Il déduit ainsi que « les puissances régionales telles l’Arabie Saoudite ou les Émirats Arabes Unis, en plus des ressources minières trouvent aussi des opportunités agricoles au Soudan ». Surtout que ces dernières années, l’Arabie Saoudite s’est lancée dans une production agricole à grande échelle, en s’adjugeant des terres culturales sur le continent africain.

Le soudan, qui est à nouveau malheureusement concerné par un théâtre de guerre directe sur son sol risque gros, d’autant que le Soudan Sud constitué en État indépendant est la conséquence d’une partition du Soudan dans les années 1990.   

« Le Soudan qui a déjà subi une chirurgie qui lui a fait perdre sa partie inferieure aujourd’hui devenue Soudan du Sud pourrait se retrouver une fois de plus dans la salle d’opération si les belligérants ne mettent pas fin à la guerre civile », justifie-t-il.

Pire encore, « cette fois-ci, il pourrait perdre la région de Darfour et celle de Kordofan. Autrement dit, le Soudan pourrait se désintégrer en trois États distincts. L’Afrique, en occurrence les pays sahéliens, de golfe de Guinée au golfe d’Aden, devraient tirer  leçons de ce qui se passe en Ukraine comme au Soudan », explique-t-il. Lire encore à ce sujet « Le Soudan et l’Ukraine, des victimes collatérales des Superpuissances : un avertissement pour des pays africains ? ». Pour mieux éviter les erreurs du Soudan ou de l’Ukraine en cours sous les yeux des africains, « il faut que les leaders africains au pouvoir ou à l’opposition apprennent à sauvegarder l’existence de leurs États. Si Mandala n’avait pas mis l’existence de l’Afrique du Sud en avant, l’État arc-en-ciel aura été en chaos », conclut Dr Mohamed Umaté.

D’autant qu’il vaut toujours « mieux tard que jamais », à la lumière de la sagesse. Au Niger, les autorités de la Renaissance tablent sur des actions de capitalisation des acquis démocratiques et socioéconomiques dans la conduite du succès déjà historique de la première alternance démocratique par la très célèbre et retentissante formule bien inspirée du « consolider pour mieux avancer ».

MOUSSA NAGANOU      

Partager l'article
Author: Mourya Niger