Le grand scénario réalisé sur la fiction politique à Cotonou au Bénin, le Dimanche 7 Décembre 2025 et simulé à une tentative de coup d’Etat militaire (avortée) est une exclusivité bien propre aux services des renseignements français visant à rétablir « la France dans son rôle de gendarme de l’Afrique et la CEDEAO tout comme les autres organisations régionales africaines dans leur rôle d’allié stratégique ». Une situation qui ferait que les gouvernements africains fassent constamment et forcément appel à la France.
Ainsi, il faut remonter loin dans les archives de l’histoire de l’Afrique et précisément en 1964 pour retrouver au Gabon, le scénario similaire à ce qui s’est passé au Bénin le 7 Décembre 2025. En effet, il y a 61 ans, un coup d’Etat militaire était perpétré du 17 Février jusqu’au 20 (Février) 1964 contre le premier président gabonais Léon MBA et celui-ci avait obtenu l’intervention de la France directement au nom des accords de défense pour rétablir le président gabonais dans ses fonctions.
Mais revenons au Bénin le 7 décembre 2025 où l’évènement revêt plutôt un caractère plus fictif que réel et se révèle à quelques comparaisons près des faits dans cette « production cinématographique à Cotonou » très propre aux services des renseignements français des temps modernes.
L’aube du Dimanche 7 Décembre 2025 aura été historique au Bénin de Patrice Talon. D’autant plus que les tirs nourris d’armes lourdes ayant surpris et réveillé Cotonou, la capitale économique du pays ont-ils abouti à son renversement ou pas ?
Ainsi, le renversement du président Patrice Talon du Bénin aurait été le quatrième (4) valet français supposé de la sous-région Ouest africaine, si le coup d’État militaire avait eu du succès, après celui réalisé contre Ibrahim Boubacar Keita (IBK) au Mali, Roch Marc Christian Kaboré au Burkina Faso et Mohamed Bazoum au Niger. Le lieutenant-Colonel Tigri Pascal aurait ainsi été la nouvelle figure politique militaire émergeante au Bénin à la tête du comité militaire pour la Refondation (CMR) imaginé comme la série de fiction américaine 24 HEURES CHRONO pour prendre le pouvoir au Bénin et va s’afficher aux côtés de ses homologues du Niger (le Général d’armée Abdourahamane Tiani), du Burkina Faso (le Capitaine Ibrahim Traoré), du Mali (le Général d’armée Assimi Goïta) au Sahel.
Les rôles de la France et la CEDEAO pour secourir Talon !
Le renversement supposé du président béninois Patrice Talon signerait pitoyablement la fin de la CEDEAO et ses combines politiques en Afrique de l’Ouest avec les services des renseignements français, pour avoir fermé ses yeux sur la réalité politique, sécuritaire, socioéconomique et célébré ses échecs même d’envergure communautaire comme étant des succès, au mépris des populations de l’Afrique de l’Ouest. La France qui justifie chaque jour qu’elle n’a pas d’amis, mais n’est préoccupée que par ses intérêts n’avait jamais cessé de multiplier l’installation des bases militaires d’occupation dans tous les pays francophones, même anglophones et ce n’est guère pour décorer ses ex colonies.
Dans cette fiction à la française, l’organisation communautaire régionale Ouest africaine (CEDEAO) va casquer toute la responsabilité comme d’habitude alors même qu’elle n’a même pas les moyens. Elle brandit tout de suite ses « armes pourries » et renchérit dans la même rengaine qu’elle active immédiatement sa force incapable et sans moyens dite « force en attente » pour rétablir l’ordre constitutionnel au Bénin, en mettant en fuite (un film sans images, les images sont d’abord en montage, tandis que le film se joue) les membres du comité militaire de la Refondation (CMR), qui avaient pourtant « réussi » à enregistrer leur premier message à la télévision nationale.
La force des acteurs dépend du réalisateur. Après une aube tourmentée et une matinée de trouble sans précédent, viennent les lumières du jour enfin dans la mi-journée. Un ministre de Patrice Talon, celui de la sécurité (un ministère bien choisi, loin du hasard).
Le casting de celui-ci va encore susciter plus que des interrogations, de la crainte que le calme, puisque son message vidéo n’est visiblement pas enregistré à la télévision nationale mais le contenu très officiel, très prétentieux laisse croire que la situation est sous contrôle, tout en invitant les populations à vaquer normalement à leurs occupations (dans la panique) ! Alassane Saidou a décrit un chaos avec un air grave et en appelle au calme. La France fictive et la France réelle s’entremêle et cette courte vidéo va servir de base officielle aux médias français très loin de Cotonou et les réseaux sociaux de la désinformation au service de Paris pour diriger le cours des évènements réels et supposés au Bénin.
Dans la soirée, la fiction continue de la plus belle manière. Un scénario montre le président Talon qui félicite les militaires béninois pour avoir riposté vigoureusement contre les putschistes, alors même qu’il informe que les dirigeants de l’armée béninoise ont été faits otage. Peu après, Patrice Talon, l’acteur principal du film apparait à la télévision nationale pour présenter un message à la nation.
Ça sent l’œuvre des services des renseignements français fraichement sortis de la mer via le port de Cotonou et ce, depuis Paris pour rejoindre leurs collègues dans les nombreuses bases militaires françaises au Bénin. Les renseignements américains excellent depuis dans ce travail, en laissant la France à la traine, c’est le temps de la revanche ?
La France confirme son rôle trouble sans ambages !
Comme à ses habitudes, la France a su jouer pleinement son rôle trouble dans cette affaire dite de « tentative de coup d’Etat militaire » au Bénin. A cause des outils de la technologie de la communication et de l’information, « le machin » pourrait bien se savoir mais la France a préféré dévoiler lui-même son propre rôle traditionnel dans l’accomplissement ou non d’un coup d’Etat militaire en Afrique, afin d’éviter que toute l’opinion publique africaine comprenne le « montage politique » engagé pour reconquérir la confiance perdue (en Afrique).
L’Elysée reconnaitra ce qui était déjà évident dans le film joué à Cotonou et chez tous les citoyens africains avertis, qu’il a apporté un soutien logistique, en renseignements et assistance technique avec un avion français qui a survolé tout le pays au moment des faits. Le Bénin parle de l’assistance des forces spéciales françaises.
Les préfets locaux entrent en scelle. Macron va communiquer toute la journée les présidents Ouattara (Abidjan), Tinubu (Abuja), John Dramani Mahaman (Accra), Julius Maada Bio (Freetown) et Talon bien mal supposé être dans les mains des putschistes à Cotonou. Dans ce scénario des temps modernes, c’est Macron qui aidera l’organisation communautaire régionale ouest africaine déjà moribonde (CEDEAO) à relever la tête dans sa région en crise politique profonde.
Le communiqué éclair publié dans la journée par la commission de la CEDEAO insistera sur l’activation immédiate de sa force militaire dite en attente. Seulement, l’armée française, autrice, compositrice du scénario déjà sur le terrain depuis des mois a fini de réaliser son film mais il ne reste qu’à la CEDEAO de venir boire le sang, en signant les forfaitures de ses propres mains sous les signatures des présidents « élus » en Afrique, mais des simples préfets locaux pour la France.
Combien coûte la logistique d’une telle opération ?
Très chère, certainement coûte une telle rocambolesque logistique impliquant des armes, des munitions, des soldats, des voitures blindées, des avions, du personnel technique militaire, des apprentis mécaniciens, des pneus à brûler pour provoquer une immense fumée épaisse au-dessus d’un quartier ou d’une ville. Beaucoup d’autres gadgets électroniques et de haute technologie pour notamment enregistrer, traiter, réaliser des courts messages et diffuser via une bonne connexion Internet pour servir la réelle fiction.
Une tentative de coup d’État militaire coûte donc une chasse aux sorcières des financiers, bras humains, des bras armés estimés entre 100 à 200 soldats béninois accusés, une purge dans l’armée, dans l’administration ou dans tout le pays. Des dégâts matériels, en matière d’armements lourds, de bâtiments, d’infrastructures routières et socioéconomiques, un ordre public gravement troublé, une économie détruite et des conflits collatéraux à l’intérieur du pays et aux pays voisins, sinon jusqu’à l’international.
Bilan !
Malgré le désastre national, l’inquiétude régionale et internationale provoquée, le Colonel-Major Dieudonné Djimon Tévoédjrè, le commandant de la garde républicaine et protecteur du président Patrice Talon donne un bilan dérisoire d’une personne tuée et une autre blessée. Il décrit le scénario simpliste d’un film de l’évènement grave survenu à Cotonou le 7 Décembre dernier.
Voici comment le patron de la garde présidentielle décrit le scénario !
C’est après avoir reçu les appels du Général de corps d’armée Bertin Bada, le directeur de Cabinet militaire du président Talon et du Général Abou Issa, le chef d’état-major de l’armée de terre lui alertant des attaques à leurs domiciles respectifs vers 2h10 du matin que le commandant de la garde républicaine, Colonel-Major Dieudonné Djimon Tévoédjrè avait dit avoir compris qu’il s’agissait d’une tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat. Il se décida immédiatement d’organiser la riposte et reçoit les assaillants en pleine figure, qui tentent ainsi de prendre possession du Chef de l’Etat.
Disposant d’armements de qualité, ses hommes opposent ainsi une fin de non-recevoir aux hommes du Lieutenant-Colonel Pascal Tigri, qui était à la tête des forces spéciales, jusqu’à ce que celles-ci se retranchent au camp de Tokpoin. Selon le garde du corps du président Talon, les affrontements très violents ont duré près de 45 minutes, avant que les ennemis ne prennent la clef des champs et vraisemblablement vers le Nord du pays, où deux dirigeants de l’armée béninoise ont été retrouvés à Tchaourou, précisément.
Avant de fuir vers le camp de Tokpoin, les assaillants ont fait un crochet à la télévision nationale pour enregistrer un message et continuer la fuite. Dans la soirée, l’appel à la coopération des voisins et international a été entendu et l’armée de l’air du Nigéria avait envoyé un seul avion militaire pour réaliser des frappes chirurgicales, détruisant les gros engins afin d’éviter que les ennemis ne les utilisent pour revenir bombarder la présidence de Patrice Talon. Aussi, un avion de reconnaissance de la France est arrivé dans la soirée pour leur fournir des renseignements très utiles et les forces spéciales françaises sont venues d’Abidjan affrétées depuis le Port-Bouet en Côte d’Ivoire.
Le commandant de la garde présidentielle bien aidé par le journaliste de RFI réalisant l’interview a finalement insisté sur le travail accompli par l’armée béninoise avant que l’armée nigériane ne vienne achever la mission, sous le couvert de la CEDEAO.
Une grave contradiction dans les discours entre Cotonou et Paris !
Le président de la République béninoise parle d’un groupuscule de soldats ayant décidé de prendre le pouvoir mais son ministre Porte-parole évoque entre 100 à 200 soldats impliqués dans cette tentative de coup d’Etat. Le « face à face » des combats entre les militaires loyalistes et les mutins a duré plusieurs heures et il aura fallu l’aide de la France et des pays amis pour reprendre en main de la situation.
Il n’y a pas de célérité du tout pour soutenir le pouvoir béninois dans la supposée intervention de la Cote d’Ivoire, le Nigéria, la Sierra-Léone et le Ghana que de militer en faveur de « l’opération sous fausse bannière » contre l’AES en préparation. Quelle est la position des huit (8) autres Etats membres de la nouvelle CEDEAO des 12 ? (A suivre).
MOUSSA NAGANOU







