Côte d’Ivoire : Enfin, s’ouvre le procès des attentats de Grand Bassam !

Le mercredi 30 novembre 2022, une date historique mémorable dans la lutte contre le terrorisme en Cote d’Ivoire, bien que ce pays soit dans l’ensemble à l’abri des attaques djihadistes. Le procès qui s’ouvre ce mercredi est à la fois un grand symbole et une exception dans ce pays considéré depuis le «père de la nation » ivoirienne, Félix Houphouet Boigny comme un havre de paix.

Malheureusement, la «percée» djihadiste a fini par atteindre même les cibles que l’on considérait comme étant les plus inaccessibles. Grande fut la surprise de constater que la Côte d’Ivoire fait aussi partie des pays qui désormais sont dans le collimateur des terroristes.

Le terrorisme n’est plus donc une affaire des pays du Sahel. Les faits se sont déroulés à la plage de Grand Bassam proche de 40 km d’Abidjan et très fréquentée par des expatriés et surtout célèbre pour ses hôtels et restaurants.

Trois assaillants ont tiré sur la foule faisant 19 morts et 3 militaires qui ont perdu la vie par la suite.

Cet attentat avait été revendiqué par le groupe terroriste d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Cet attentat a porté ainsi un coup dur au secteur du tourisme dans ce pays, qui a été secoué par la crise postélectorale de 2010-2011.

Selon le procureur de la République de la Côte d’Ivoire, Richard Adou, « la procédure judiciaire ouverte à la suite de cet attentat, a abouti au renvoi de dix-huit accusés devant le tribunal criminel pour répondre des faits d’actes terroristes, assassinat, tentative d’assassinat, recel de malfaiteurs, détention illégale d’armes à feu et de munitions de guerre et de complicité desdits faits ».

Si les autorités ivoiriennes accordent à ce procès une importance capitale et représente un tournant décisif dans la lutte contre le terrorisme, certaines voix par contre craignent que « la montagne n’accouche d’une souris ».

Ainsi, Aude Rimailho, une des avocates des parties civiles françaises estime que ce sont « les petites mains » qui seront jugées et affirme ne pas savoir « trop quoi attendre » de ce procès.

Mais mieux vaut initier un procès contre ces criminels odieux que de laisser tomber dans l’oubli la mémoire des victimes.

C’est aussi un message fort six (6 ans) après qu’on envoie aux potentiels candidats au terrorisme. Sans oublier désormais la nécessité pour les pays de fédérer leurs forces en commun en vue de mutualiser les stratégies militaires dans cette guerre asymétrique contre ces djihadistes introuvables.

ABOUBACAR SOUMAÏLA

Partager l'article
Author: Mourya Niger