9è édition de la journée nationale de la liberté de presse

Niger : La Maison de la presse inspire un leadership d’honneur national !

Ibrahim Harouna, le président du conseil d’administration de la Maison de la presse du Niger a modelé doucement et patiemment, au fil des années et au gré des partenaires comme des évènements, ce que tout le monde célèbre aujourd’hui au Niger, comme la journée nationale de la liberté de la presse. L’image du journaliste nigérien longtemps écornée et jetée en pâture, au vitriol souvent dans les poubelles de l’histoire, reprend aujourd’hui de la saveur et même du poil de la bête dans sa société.

La Maison de la presse est devenue aussi l’adresse N°1 de la liberté de presse au Niger. Un partenaire crédible aussi bien auprès des pouvoirs publics que des partenaires techniques et financiers.

 Il faut dire que le journaliste nigérien a parfaitement intégré sa société et son image, puis ses relations exécrables d’avant, faites de méfiance et de conflits avec la société ont laissé désormais place, petit à petit à la civilité, aujourd’hui.

Doué du sens élevé d’écoute, Ibrahim Harouna, a su fédérer toutes les forces de la famille des médias et des organisations socioprofessionnelles du domaine dans la seule et unique maison, véritablement comme une vraie maison, pour assimiler utilement le symbole à la réalité.

Toutes les velléités sont écoutées et non pas étouffées par la force, mais sensibilisées et exorcisées au moyen du dialogue direct, lucide et constructif. Toutes les difficultés sont pensées, réfléchies pour être surmontées au profit de l’intégrité de la Maison et de l’intérêt collectif.

S’il faut reconnaitre à Cesare ce qui lui appartient, Ibrahim Harouna a réussi à hissé haut la côte du journaliste nigérien, depuis son élection à la tête du conseil d’administration de la Maison de la presse.     

D’où vient la journée nationale de la liberté de presse ?

Il faut vite signaler d’abord que tout est parti d’une simple signature apposée à un document pour une profession de foi d’un candidat à l’élection présidentielle, en 2011 au Niger.

Ainsi, le candidat Issoufou Mahamadou, tout comme Seïni Oumarou arrivés au second tour de la présidentielle signaient « la profession de foi » issue de la déclaration de la Montagne de la Table promettant d’abolir les peines de mort et les délits de presse, une fois leur élection consacrée à la tête du pays.

Précisons que la « Montagne de la Table » est un haut sommet de 1086 mètres d’altitude, bien plat comme une table, au Cap, en Afrique du Sud, au pays de Nelson Mandela. C’est un site à la fois époustouflant et massif surplombant la ville du Cap, où les journalistes africains sont montés pour lire et signer la déclaration de la Montagne de la Table, consacrant l’abolition des peines par voie de presse en Afrique, une véritable profession de foi offerte aux décideurs africains.

La journée nationale de la liberté de la presse trouve un preneur désormais !

Une fois élu, le président Issoufou Mahamadou a confirmé sa signature le 30 Novembre 2012 par une cérémonie grandiose, à éclat international, soit 8 mois après, consacrant ainsi au pays, une journée nationale de la liberté de la presse, finalement fêtée comme telle depuis 9 ans par les organisations nationales du domaine. Ce jour-là, le président Issoufou a été consacré avocat de la presse africaine auprès de ses pairs !

Ce sont ainsi les propositions des journalistes, suite à la tenue des états généraux de la presse en 2010 de dépénaliser le délit par voie de presse au Niger, qui ont servi de moyens de plaidoyer vers une Loi.

La dépénalisation : quelle dépénalisation ?

Rapidement, les organisateurs étaient entrain de tenter de convaincre le président Mamadou Tandja de signer le principe de la dépénalisation du délit par voie de presse au Niger que la junte militaire de Salou Djibo était passée par là, pour mettre fin de passage à ses velléités d’un 3è mandat, qui avait déjà suscité la levée de bouclier des forces vives nigériennes à l’époque entre d’un côté, les partisans de la continuité d’un mandat supplémentaire illégal et ceux des légalistes de l’autre.

Du haut de leur conviction, les journalistes nigériens sachant bien que l’Etat est une continuité vont droit au but, pour soumettre leur projet de loi sur la dépénalisation du délit par voie de presse au général Salou Djibo, Chef de la junte militaire de l’époque. Il prit ainsi une ordonnance sous le N°035 du 4 Juin 2010 pour adopter le principe de la dépénalisation tant attendu par les journalistes nigériens, surtout des médias privés.

La première année de l’adoption de cette ordonnance fut dramatique pour la profession, d’autant que certains ont cru avoir un blanc seing pour diffamer ! Des condamnations en prison et des gardes à vue prolongées des journalistes dans les locaux de la police judiciaire de Niamey ont dégradé le classement du Niger par reporters sans frontières, en 2012.

Une explication de texte de l’ordonnance N°035 du 4 Juin 2010

A la lecture au fond de cette ordonnance, qui devrait bénéficier d’un courage politique pour être transformée en une loi pourrait être corrigée et perfectionnée. Sinon, elle tient encore les journalistes nigériens cloués au pilori !

D’autant que cette ordonnance, malgré l’espoir qu’elle a suscité et jeté au sein de la famille de la presse nigérienne ne constitue pas totalement et n’offre guerre en soi un véritable principe de dépénalisation des délits de presse au Niger. Les peines sont toujours là, soit commuées en peines pécuniaires soit allégées ou alourdies, c’est-à-dire avec des amendes raisonnables ou très fortes !

Au contraire, elle consacre dans une moindre mesure à la « déprisonnalisation des journalistes» et sur certaines matières limitativement comme l’injure, la diffamation et outrage par voie de presse.

Des dispositions qui arrachent le principe de la dépénalisation !

L’ordonnance N°035 du 4 Juin 2010 ne couvre donc pas des matières portant sur le terrorisme, la sécurité ou même l’électronique où l’on peut lire une infraction telle que « atteinte à la sûreté de l’Etat par voie de presse ».

Le code pénal consacre pêle-mêle plusieurs autres infractions pénales érigées en délit ou encore en crime difficiles pour le journaliste d’invoquer le principe de la dépénalisation, dès lors que les faits associent certaines personnalités ou certains évènements.

Mais les opinions divergent !

Aussi, le métier de journalise est aussi grave que sensible au point de ne pas pouvoir pour une société décomplexée de ramener toutes les infractions possibles en la matière à « l’injure publique et à la diffamation au Niger » ?

Beaucoup de décideurs et ceux nigériens savent que cela est possible. Mais il faut dire qu’ils craignent la bonne foi des hommes des médias eux-mêmes, selon nos sources, qui ne réalisent pas encore aussi bien l’étendue de pouvoirs qu’ils détiendront ainsi et surtout leur responsabilité vis-à-vis de la société elle-même, dont ils prétendent défendre les intérêts, en termes des droits de l’homme.

C’est pourquoi, les journalistes nigériens aussi de leur côté doivent démontrer chaque jour leur engagement et leur bonne foi, à travers le fondement de leur métier, qui n’est rien d’autre que le droit du citoyen à l’information et aux dirigeants politiques de faire preuve d’une gouvernance éthique assortie de la transparence, de justice, d’égalité des citoyens devant les services publics, d’inclusivité et de tolérance.

Le journaliste, c’est quoi même !

Le journaliste n’est ainsi qu’un acteur dévoué à agir avec professionnalisme et éthique afin que le droit du public à l’information soit assuré dans une société démocratique, ce droit également garanti par les pouvoirs exécutifs et judicaires, conformément aux lois et règlements établis par le principe de la République, qui tient tout le monde au pilori, sous les anges de la vérité et de l’utilité pour le développement de la société !

Le rôle et la responsabilité des journalistes dans la gouvernance au Niger

La principale organisation nationale incluant tous les médias privés du pays, la Maison de la presse, pour ne pas la désigner insiste instamment sur la responsabilité des journalistes dans l’exercice de leur métier, en vue de garantir le professionnalisme, à toute épreuve au Niger.

Et ce, en même temps qu’elle se soucie sérieusement de l’émergence des véritables entreprises de presse privée, à même de refléter une image digne de ce nom pour le pays.

Le thème central de cette 9è édition de la journée nationale de la liberté de presse au Niger est « la redevabilité dans la gouvernance : le rôle et la responsabilité des médias ».  

Une thématique loin d’être fortuite, d’autant qu’elle sensibilise à la fois « les hommes  des médias, les hommes politiques, les acteurs socioéconomiques ainsi que les populations » en poussant chaque acteur à agir avec engagement pour au finish célébrer l’émergence d’une véritable gouvernance éthique de la société moderne.

Ce leadership impulsé depuis une dizaine d’années par le président Ibrahim Harouna a produit ses fruits aujourd’hui, à un travers un engagement chaque jour affirmé par les journalistes et les médias en place à prendre sensiblement conscience et militer en faveur d’une société meilleure, malgré les multiples défis à la gouvernance éthique.

Entre terrorisme, insécurité, violence, fausses informations (fake news), migration, traite des personnes, manipulations diverses, chômage, maladies, technologies, influence, il est évident que le travail du journaliste devient de plus en plus périlleux et difficile, mais le sérieux a donc permis d’atteindre aujourd’hui, ce sentiment d’honneur national, largement partagé.

MOUSSA NAGANOU

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Author: Mourya Niger