Tchad : Le référendum constitutionnel, un pas de géant vers le politiquement correct du pouvoir de Mahamat Idriss Deby !

Ce n’est point un référendum constitutionnel qui mettra de l’ordre dans la vie politique tchadienne.
D’autant plus que le pays de Mahamat Idriss Deby est beaucoup plus un territoire de guerre qu’un
État normal.
Parce que depuis l’indépendance, ce sont des Chefs de guerre qui disputent le pouvoir d’État dans
une guerre féroce, à tour de rôle, un clan en chasse l’autre et ce, depuis le président Tombalbay
jusqu’à au maréchal Idriss Deby. Chaque chef de guerre qui prend le pouvoir taille sa constitution sur
mesure.
C’est pratiquement le premier référendum constitutionnel qui a suscité de l’intérêt au sein de la
classe politique tchadienne. Puisque huit (8) millions de citoyens tchadiens sont sortis hier matin
pour voter entre le Oui et le Non pour une République assortie d’un État unitaire fortement
décentralisé.
Personne n’imagine que le Non remportera. D’autant plus que même l’opposant le plus farouche
Succès Masra, le président du parti Les Transformateurs avait appelé à voter en faveur du Oui. Le
parti du père du président de la Transition militaire Tchadienne, Mahmat Idriss Deby le MPS a battu
une vive campagne en faveur du Oui avec le parti du Premier ministre salif Kebzabo.
Visiblement , c’est vers des formalités simples que le Tchad se dirige pour mieux installer le Général
Mahamat Idriss Deby sur le fauteuil présidentiel après l’adoption de ce référendum constitutionnel
finalement adoubé par Succès Masra, l’opposant le plus irréductible au clan Deby. Celui-ci ayant
regagné le bercail récemment sur un accord politique négocié au Congo par le président Félix
Shisekedi.
Un référendum constitutionnel au Tchad résonne comme une musique au guerrier qui trône déjà au
pouvoir pour mieux s’installer, surtout que la charte de la Transition autorise le président de celle-ci
à représenter à l’élection présidentielle. Ni un taux de participation important ni l’adhésion des
tchadiens ne comptent pour la classe politique déjà habituée à la bataille féroce des géants avec les
armes comme avec les urnes, parce que nous sommes au Tchad. N’est-ce pas Macron ?
MOUSSA NAGANOU
Mouryyaniger.com

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Author: Mourya Niger