Niger : L’avant-projet des révisions du code électoral et de la chartre des partis politiques à la loupe !

Quelle réflexion nous inspire l’avant-projet des révisions, du code électoral et de la chartre des partis politiques, en tant que citoyen ? Sous réserve de la confirmation officielle, les variations des propositions des nouvelles cautions pour les dépôts des candidatures aux postes électifs des Conseillers municipaux, des députés nationaux et du président de la République se présenteraient comme suit :

1. Conseillers municipaux : de 10. 000 francs CFA  à 2. 000. 000 de francs CFA,  soit une augmentation de : 1. 990. 000 francs CFA. 2. Députés nationaux : de 500. 000 de  francs CFA à  50. 000. 000 de francs soit CFA,  soit une augmentation de 49. 500. 000 francs CFA, 3. Président de la république : de 25. 000. 000  de francs CFA à  200. 000. 000 de francs CFA, soit une augmentation de : 175. 000. 000 de  francs CFA.

Le taux d’augmentation varie respectivement de 100%, 200% et 8% ! Nous ne comprenons pas avec exactitude les raisons qui sous-tendent ces propositions d’augmentations des cautions qui circulent sur les réseaux sociaux !

Il se pourrait, entre autres, d’une part, que  l’objectif est de réduire la pléthore des partis politiques qui sont près de 147  pour une population de 26 millions d’habitants et d’autre part,  peut-être, pour faire participer les partis politiques à l’effort de l’organisation des élections générales constitutionnelles. L’un dans l’autre, les variations des propositions d’augmentations nous paraissent très exhorbitantes pour un pays pauvre comme le Niger dont le SMIG est de 30. 047 francs CFA.

Tous les acteurs politiques sembleraient être d’accord pour trouver un procédé légal et démocratique permettant de réduire la pléthore des partis politiques, dont 19 partis politiques seulement sur les 147 partis politiques reconnus, sont présents au Parlement.

À notre humble avis, une application très rigoureuse de la chartre des partis politiques pourrait bien permettre d’assainir l’arène politique, légalement et démocratiquement. En effet, on peut considérer, entre autres, tout parti politique qui, n’est pas représenté à l’assemblée nationale, qui ne dispose pas au moins d’un Conseiller municipal et qui n’obtiendrait  pas 3,5% de suffrages aux élections générales constitutionnelles, comme définitivement disqualifié et radié de la liste des partis politiques.

Par rapport à la participation à  l’effort de l’organisation des élections générales constitutionnelles, les taux de cautions actuels en vigueur pourraient être retenus, compte-tenu, d’une part, de l’état de pauvreté du pays et d’autre part pour  permettre aux citoyens moyens, intègres, rigoureux, compétents, de bonne moralité,  porteurs des bons projets de développement économique et social, qui jouissent de grande popularité au sein des citoyens lambdas , de participer à la vie politique du pays.

Cet avant-projet des textes portant révisions du code électoral et de  la charte des partis politiques, s’il existerait, devrait tenir compte de la réalité sociopolitique et économique du pays. Le contexte  actuel, sociopolitique, économique et sécuritaire, exige des autorités administratives et politiques la recherche d’un minimum de compromis politique national acceptable par tous pour toute  prise décision qui engage l’avenir du pays et le bon fonctionnement des institutions républicaines.

Ce  n’est pas productif de créer des tensions, des vacarmes inutiles autour d’une simple réforme. Le pays a grandement besoin de la sérénité, de la cohésion sociale et de son unité nationale pour continuer son bon chemin vers le développement économique et social.

C’est un simple avis d’un citoyen. C’est le Niger qui gagne ! À bon entendeur salut !

ISSSOUFOU BOUBACAR KADO MAGAGI

Partager l'article
Author: Mourya Niger